samedi 1 novembre 2014

Responsabilité de chacun, l’exemple de la ferme aux 1000 vaches.



Un des grands sujets d’actualité du moment concernant les dérives de l’industrie agroalimentaire est la ferme aux 1000 vaches. Ce projet a pour but de créer une exploitation agricole de 1000 vaches dans le but de produire du lait, notamment en réponse à la crise du lait de 2009.



Cependant, ce projet est grandement controversé pour plusieurs raisons :

-          Les conditions d’élevages des vaches. En effet, ces vaches seront élevées dans un hangar dont elles ne sortiront jamais de leur vie.
-          L’alimentation des vaches. Les vaches seront nourries de foin et de maïs provenant des fermes alentours ainsi que de soja. Le bilan carbone sera donc élevé de par les transports des aliments. De plus, le soja sera importé d’Amérique, là-bas, il s’agit souvent de soja OGM et il implique régulièrement déforestation afin d’assurer une production croissante.
-          L’impact des méthaniseurs. Il s’agit de machines permettant de transformer le fumier (leur rejet de gaz) des vaches en énergies. Cependant, l’accumulation de fumier sur le sol aura un impact sur les nappes phréatiques et risquera de les polluer et donc d’impacter sur la santé des populations alentours.
-          L’utilisation d’antibiotiques. La quantité de vaches présentent dans le hangar engendrera une forte consommation d’antibiotiques afin d’éviter la propagation de maladies. Cependant, ces antibiotiques se retrouveront dans le lait qui sera ensuite ingéré par le consommateur et aura des répercussions sur sa santé.
-          L’impact sur les petits exploitants. En effet cette production en masse à moindre coût risque de concurrencer les petits exploitants et, à terme, de devenir le modèle principal de production de lait.

A plus petite échelle et sur un produit définit, cette ferme des 1000 vaches nous ramène à notre problématique qui allie besoin de nourrir une population et responsabilité. A quel prix éviter une pénurie en lait et si elle peut être évitée à qui en revient la responsabilité ?

On peut traduire ici pénurie par le fait que la production de lait de 2009 ne répondait pas à la demande de la population. Cependant, cette demande correspondait elle à un besoin réelle ? Par exemple, une pénurie en thé ou en chocolat serait-elle un réel drame nutritionnel qui entrainerait de grandes famines dans le monde ? Et bien non ! De nombreuses études montrent que le lait n’est pas indispensable voir bon pour notre santé. Les critiques qui lui ont faites sont liées à sa contenance en hormone qui a un impact sur notre propre système hormonal. Bien sur cette étude peut être contestée mais il est certain que la propriété du lait revendiquée par tous est le calcium. Cependant, le calcium peut être retrouvé dans bien d’autres aliments tel que les amandes, les sardines, les haricots verts… Le lait n’est donc pas indispensable et peut être remplacé. A partir de ce constat, on peut se demander si ce n’est pas au consommateur de remettre en cause sa consommation afin de ne pas créer de pseudo pénuries qui auront un impact sur l’environnement, leur propre santé et sur celle des animaux ? Le consommateur doit comprendre que c’est lui qui crée la demande et que tant que cette demande existera, l’industrie agroalimentaire cherchera à y répondre.

Ensuite, le projet a été lancé il y a six ans par Michel Ramery, un entrepreneur de 64 ans en BTP. On constate que cette personne n’est pas issue du milieu agricole, il est entrepreneur en BTP. Ce projet n’est donc pas intégré dans une logique de croissance d’une exploitation mais vise bien à faire du profit dans un secteur qui connait une forte demande. Ici se pose un vrai problème éthique, puisqu’il s’agit de nourrir la population uniquement en vue d’un gain et entrainant la mise en danger la santé du consommateur, la maltraitance des animaux et des conséquences environnementales. Au final, cette situation illustre parfaitement ce qui se passe dans l’industrie de l’agroalimentaire, le problème n’est pas de nourrir les populations à n’importe quel prix mais de faire du profit à n’importe quel prix. Tant que le fait de maximiser le profit sera la préoccupation première de ces industries, l’agroalimentaire ne pourra être éthique puisque toutes les pratiques visant à minimiser les coûts sont néfastes pour l’environnement ou la santé du consommateur (OGM, pesticides, fermes des 1000 vaches…). L’industrie agroalimentaire doit donc prendre sa responsabilité. 

Enfin, l’Etat ne devrait-il pas intervenir face à ce projet démesuré au lieu de prôner la liberté d’entreprendre? La préservation de l’environnement et la santé de la population ne relèvent elles pas de la responsabilité de l’état ? Les lois doivent assurer la liberté et la sécurité de chacun en se basant sur la morale afin de vivre en société. Il est de la responsabilité de l’Etat d’établir des lois dans ce but. N’est-il pas de la responsabilité de l’Etat de protéger sa population et d’interdire un tel projet?




 

1 commentaire:

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