Un des grands sujets d’actualité du moment concernant les
dérives de l’industrie agroalimentaire est la ferme aux 1000 vaches. Ce projet
a pour but de créer une exploitation agricole de 1000 vaches dans le but de
produire du lait, notamment en réponse à la crise du lait de 2009.
Cependant, ce projet est grandement controversé pour
plusieurs raisons :
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Les conditions d’élevages des vaches. En effet, ces vaches seront élevées
dans un hangar dont elles ne sortiront jamais de leur vie.
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L’alimentation des vaches. Les
vaches seront nourries de foin et de maïs provenant des fermes alentours ainsi
que de soja. Le bilan carbone sera donc élevé de par les transports des
aliments. De plus, le soja sera importé d’Amérique, là-bas, il s’agit souvent
de soja OGM et il implique régulièrement déforestation afin d’assurer une
production croissante.
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L’impact des méthaniseurs. Il s’agit
de machines permettant de transformer le fumier (leur rejet de gaz) des vaches
en énergies. Cependant, l’accumulation de fumier sur le sol aura un impact sur
les nappes phréatiques et risquera de les polluer et donc d’impacter sur la
santé des populations alentours.
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L’utilisation d’antibiotiques. La
quantité de vaches présentent dans le hangar engendrera une forte consommation
d’antibiotiques afin d’éviter la propagation de maladies. Cependant, ces
antibiotiques se retrouveront dans le lait qui sera ensuite ingéré par le
consommateur et aura des répercussions sur sa santé.
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L’impact sur les petits exploitants. En
effet cette production en masse à moindre coût risque de concurrencer les
petits exploitants et, à terme, de devenir le modèle principal de production de
lait.
A plus petite échelle et sur un
produit définit, cette ferme des 1000 vaches nous ramène à notre problématique
qui allie besoin de nourrir une population et responsabilité. A quel prix
éviter une pénurie en lait et si elle peut être évitée à qui en revient la
responsabilité ?
On peut traduire ici pénurie par
le fait que la production de lait de 2009 ne répondait pas à la demande de la
population. Cependant, cette demande correspondait elle à un besoin
réelle ? Par exemple, une pénurie en thé ou en chocolat serait-elle un réel
drame nutritionnel qui entrainerait de grandes famines dans le monde ? Et
bien non ! De nombreuses études montrent que le lait n’est pas
indispensable voir bon pour notre santé. Les critiques qui lui ont faites sont
liées à sa contenance en hormone qui a un impact sur notre propre système
hormonal. Bien sur cette étude peut être contestée mais il est certain que la
propriété du lait revendiquée par tous est le calcium. Cependant, le calcium
peut être retrouvé dans bien d’autres aliments tel que les amandes, les
sardines, les haricots verts… Le lait n’est donc pas indispensable et peut être
remplacé. A partir de ce constat, on
peut se demander si ce n’est pas au consommateur de remettre en cause sa
consommation afin de ne pas créer de pseudo pénuries qui auront un impact sur
l’environnement, leur propre santé et sur celle des animaux ? Le
consommateur doit comprendre que c’est lui qui crée la demande et que tant que
cette demande existera, l’industrie agroalimentaire cherchera à y répondre.
Ensuite, le projet a été lancé il
y a six ans par Michel Ramery, un entrepreneur de 64 ans en BTP. On constate
que cette personne n’est pas issue du milieu agricole, il est entrepreneur en
BTP. Ce projet n’est donc pas intégré dans une logique de croissance d’une
exploitation mais vise bien à faire du profit dans un secteur qui connait une
forte demande. Ici se pose un vrai problème éthique, puisqu’il s’agit de
nourrir la population uniquement en vue d’un gain et entrainant la mise en
danger la santé du consommateur, la maltraitance des animaux et des conséquences
environnementales. Au final, cette
situation illustre parfaitement ce qui se passe dans l’industrie de l’agroalimentaire,
le problème n’est pas de nourrir les populations à n’importe quel prix mais de
faire du profit à n’importe quel prix. Tant que le fait de maximiser le
profit sera la préoccupation première de ces industries, l’agroalimentaire ne
pourra être éthique puisque toutes les pratiques visant à minimiser les coûts
sont néfastes pour l’environnement ou la santé du consommateur (OGM,
pesticides, fermes des 1000 vaches…). L’industrie agroalimentaire doit donc
prendre sa responsabilité.
Enfin, l’Etat ne devrait-il pas
intervenir face à ce projet démesuré au lieu de prôner la liberté d’entreprendre?
La préservation de l’environnement et la santé de la population ne relèvent
elles pas de la responsabilité de l’état ? Les lois doivent assurer la
liberté et la sécurité de chacun en se basant sur la morale afin de vivre en société.
Il est de la responsabilité de l’Etat d’établir des lois dans ce but. N’est-il
pas de la responsabilité de l’Etat de protéger sa population et d’interdire
un tel projet?






