La traçabilité est, selon le comité
du codex alimentarius « la
capacité de suivre les déplacements d’un aliment parmi des stades précis
de la production, de la transformation et de la distribution. »1
La traçabilité regroupe un certain nombre d’éléments comme la
provenance des aliments ou encore leur conservation. Ces éléments sont entourés
par des lois et des normes strictes imposées aux entreprises de l’industrie
agroalimentaire et de nombreux contrôles sont effectués. On retrouve par
exemple les normes ISO sur la traçabilité de la chaine alimentaire (n°22005) ou
sur le management de la sécurité des denrées alimentaires (n°22004). De plus,
il existe un grand nombre de label comme pour l’agriculture biologique ou
encore l’origine (origine France la plupart des cas).
Si l’on part du principe que ces normes remplissent bien le rôle
d’assurer la qualité des produits, alors nous pouvons faire trois
constats :
-
L’Etat
et les différents organismes internationaux comme les normes ISO prennent donc
leur responsabilité au sein de l’industrie agroalimentaire en cherchant à
protéger le consommateur.
-
L’industrie
agroalimentaire quant à elle devient responsable légalement d’assurer la
qualité de ses produits au consommateur. Cependant, on perd l’aspect éthique
puisque la qualité des produits est assurer dans le but de respecter les lois
et non de prendre soin de l’environnement, de la santé des consommateurs en
pensant aux différentes conséquences de leur production.
-
Enfin,
le consommateur lui perd toute responsabilité puisque ces normes provenant de
l’Etat sont censées assurer une bonne consommation et qu’aucun effort ne doit
être fournit dans le but de consommer mieux.
Cependant, ces normes n’assurent pas un idéal de qualité du produit
comme nous pourrons le voir dans d’autres articles. Par exemple, des produits
comme le maïs OGM passent à travers ces normes, le bien-être des animaux n’est
pas pris en compte tout comme le respect de l’environnement ou du travailleur.
De plus, ces lois, tout comme toutes autres lois, peuvent être enfreintes.
C’est le cas par exemple du scandale de la viande de cheval dans les lasagnes de
Findus.
A partir de là, on peut se
demander à qui revient la responsabilité d’assurer une meilleure
consommation ? Est-ce encore la responsabilité des entreprises de
l’industrie agroalimentaire ?
Là où la responsabilité des
entreprises peut être engagée est au niveau du manque de transparence. Lorsque
les entreprises cachent des informations aux consommateurs, elles sont
forcément intégralement responsables des problèmes agroalimentaires puisque le
consommateur ne possède pas d’informations suffisantes pour faire un choix
éthique vis-à-vis de sa consommation. Par exemple, lors du scandale de la
viande de cheval, l’étiquetage des produits indiquait de la viande de bœuf, les
consommateurs ne pouvaient donc pas choisir de ne pas acheter de la viande de
cheval à la provenance douteuse puisque les informations nécessaires à leur
prise de décisions étaient cachées. Ici se pose un grave problème éthique
puisque ces entreprises n’assurent pas une production éthique, proposent des
produits au consommateur pouvant avoir des conséquences sur sa santé en lui
cachant ces informations et donc en entravant sa liberté de consommer au mieux.
De plus, on peut se demander si il est
éthique pour ces entreprises de respecter ces normes qui peuvent parfois aller
dans un sens éthique dans le seule but de respecter la loi? Peut-on considérer
ces entreprises comme éthique si elles ont un comportement éthique alors que
leurs intentions ne le sont pas ?
Ensuite, on peut se demander si
la responsabilité ne vient pas du consommateur. Le consommateur est souvent
placé comme victime au cœur des différents scandales alimentaires et des
grandes maladies liées à cette industrie. Entre la vache folle, le scandale de
la viande de cheval, le diabète et l’obésité, l’industrie agroalimentaire est
toujours pointée du doigt sans que la responsabilité du consommateur soit
remise en cause. En effet, le consommateur est celui pour qui l’industrie
agroalimentaire produit, c’est aussi celui qui va ingérer cette production. Une
fois ce constat posé, on peut se demander s’il
n’est pas responsable de sa propre santé, de faire des recherches dans le but
de consommer au mieux et de se protéger ? On peut prendre l’exemple de
l’huile de palme ou du maïs OGM, le consommateur entend parler de ces sujets
dans tous les médias, est normalement au courant des méfaits de ces produits.
Cependant, on constate qu’un grand nombre de personnes continuent de consommer
de tels produits. Idem pour la junk food, le consommateur est sans cesse
bombardé d’informations visant à l’inciter à consommer mieux, à éviter la
nourriture trop grasse, trop salée… De plus, il existe un grand nombre de
labels visant à améliorer notre consommation, il suffit de regarder l’étiquette
du produit et de sélectionner le meilleur, ce choix est donc accessible au consommateur.
Dans ce cadre où le consommateur a à sa disposition un grand nombre
d’information, on peut se demander si la
responsabilité de problèmes comme l’obésité ou la consommation de produits
dangereux pour la santé vient du consommateur ou de l’industrie
agroalimentaire ? N’est-ce pas déresponsabiliser le consommateur vis-à-vis
de sa santé et de ses habitudes de consommation que d’accuser l’industrie
agroalimentaire ?
Enfin, on peut s’interroger sur
la responsabilité de l’Etat et des organismes internationaux. En effet, n’est-ce pas à l’Etat de protéger
sa population en imposant des normes strictes visant à la meilleure
consommation possible ? De
nombreux produits dans les supers marchés ne sont pas bons pour la santé du
consommateur, OGM, pesticides, additifs, huiles de palme… Ces produits sont
moins coûteux pour les entreprises agroalimentaires, c’est pourquoi ils sont
utilisés. Les plupart des entreprises privilégient le profit à la santé du
consommateur, une majorité des consommateurs consomment de façon irresponsable
sans se renseigner et en se laissant berner par le marketing ou les prix. Pour
résumer, une majorité des acteurs de la chaîne agroalimentaire trouve leur
compte dans cette consommation. A partir
de là, n’est-ce pas à l’Etat de définir des normes de consommations éthiques et
de les imposer aux différentes parties prenantes en passant outre les lobbys ?
Les campagnes « 5 fruits et légumes par jour », « manger, bouger »…
sont-elles suffisantes ?
http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-82044-poser-les-bases-de-lethique-alimentaire-consommer-juste-1000738.php?iPDsyrYZiJtZj6KJ.99

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