mercredi 29 octobre 2014

Transparence, traçabilité et qualité : à qui revient la responsabilité?



La traçabilité est, selon le comité du codex alimentarius « la capacité de suivre les déplacements d’un aliment parmi des stades précis de la production, de la transformation et de la distribution. »1
La traçabilité regroupe un certain nombre d’éléments comme la provenance des aliments ou encore leur conservation. Ces éléments sont entourés par des lois et des normes strictes imposées aux entreprises de l’industrie agroalimentaire et de nombreux contrôles sont effectués. On retrouve par exemple les normes ISO sur la traçabilité de la chaine alimentaire (n°22005) ou sur le management de la sécurité des denrées alimentaires (n°22004). De plus, il existe un grand nombre de label comme pour l’agriculture biologique ou encore l’origine (origine France la plupart des cas). 

Si l’on part du principe que ces normes remplissent bien le rôle d’assurer la qualité des produits, alors nous pouvons faire trois constats :
-          L’Etat et les différents organismes internationaux comme les normes ISO prennent donc leur responsabilité au sein de l’industrie agroalimentaire en cherchant à protéger le consommateur.
-          L’industrie agroalimentaire quant à elle devient responsable légalement d’assurer la qualité de ses produits au consommateur. Cependant, on perd l’aspect éthique puisque la qualité des produits est assurer dans le but de respecter les lois et non de prendre soin de l’environnement, de la santé des consommateurs en pensant aux différentes conséquences de leur production.
-          Enfin, le consommateur lui perd toute responsabilité puisque ces normes provenant de l’Etat sont censées assurer une bonne consommation et qu’aucun effort ne doit être fournit dans le but de consommer mieux.

Cependant, ces normes n’assurent pas un idéal de qualité du produit comme nous pourrons le voir dans d’autres articles. Par exemple, des produits comme le maïs OGM passent à travers ces normes, le bien-être des animaux n’est pas pris en compte tout comme le respect de l’environnement ou du travailleur. De plus, ces lois, tout comme toutes autres lois, peuvent être enfreintes. C’est le cas par exemple du scandale de la viande de cheval dans les lasagnes de Findus.
A partir de là, on peut se demander à qui revient la responsabilité d’assurer une meilleure consommation ? Est-ce encore la responsabilité des entreprises de l’industrie agroalimentaire ?





Là où la responsabilité des entreprises peut être engagée est au niveau du manque de transparence. Lorsque les entreprises cachent des informations aux consommateurs, elles sont forcément intégralement responsables des problèmes agroalimentaires puisque le consommateur ne possède pas d’informations suffisantes pour faire un choix éthique vis-à-vis de sa consommation. Par exemple, lors du scandale de la viande de cheval, l’étiquetage des produits indiquait de la viande de bœuf, les consommateurs ne pouvaient donc pas choisir de ne pas acheter de la viande de cheval à la provenance douteuse puisque les informations nécessaires à leur prise de décisions étaient cachées. Ici se pose un grave problème éthique puisque ces entreprises n’assurent pas une production éthique, proposent des produits au consommateur pouvant avoir des conséquences sur sa santé en lui cachant ces informations et donc en entravant sa liberté de consommer au mieux. De plus, on peut se demander si il est éthique pour ces entreprises de respecter ces normes qui peuvent parfois aller dans un sens éthique dans le seule but de respecter la loi? Peut-on considérer ces entreprises comme éthique si elles ont un comportement éthique alors que leurs intentions ne le sont pas ?

Ensuite, on peut se demander si la responsabilité ne vient pas du consommateur. Le consommateur est souvent placé comme victime au cœur des différents scandales alimentaires et des grandes maladies liées à cette industrie. Entre la vache folle, le scandale de la viande de cheval, le diabète et l’obésité, l’industrie agroalimentaire est toujours pointée du doigt sans que la responsabilité du consommateur soit remise en cause. En effet, le consommateur est celui pour qui l’industrie agroalimentaire produit, c’est aussi celui qui va ingérer cette production. Une fois ce constat posé, on peut se demander s’il n’est pas responsable de sa propre santé, de faire des recherches dans le but de consommer au mieux et de se protéger ? On peut prendre l’exemple de l’huile de palme ou du maïs OGM, le consommateur entend parler de ces sujets dans tous les médias, est normalement au courant des méfaits de ces produits. Cependant, on constate qu’un grand nombre de personnes continuent de consommer de tels produits. Idem pour la junk food, le consommateur est sans cesse bombardé d’informations visant à l’inciter à consommer mieux, à éviter la nourriture trop grasse, trop salée… De plus, il existe un grand nombre de labels visant à améliorer notre consommation, il suffit de regarder l’étiquette du produit et de sélectionner le meilleur, ce choix est donc accessible au consommateur. Dans ce cadre où le consommateur a à sa disposition un grand nombre d’information, on peut se demander si la responsabilité de problèmes comme l’obésité ou la consommation de produits dangereux pour la santé vient du consommateur ou de l’industrie agroalimentaire ? N’est-ce pas déresponsabiliser le consommateur vis-à-vis de sa santé et de ses habitudes de consommation que d’accuser l’industrie agroalimentaire ?

Enfin, on peut s’interroger sur la responsabilité de l’Etat et des organismes internationaux. En effet, n’est-ce pas à l’Etat de protéger sa population en imposant des normes strictes visant à la meilleure consommation possible ?  De nombreux produits dans les supers marchés ne sont pas bons pour la santé du consommateur, OGM, pesticides, additifs, huiles de palme… Ces produits sont moins coûteux pour les entreprises agroalimentaires, c’est pourquoi ils sont utilisés. Les plupart des entreprises privilégient le profit à la santé du consommateur, une majorité des consommateurs consomment de façon irresponsable sans se renseigner et en se laissant berner par le marketing ou les prix. Pour résumer, une majorité des acteurs de la chaîne agroalimentaire trouve leur compte dans cette consommation. A partir de là, n’est-ce pas à l’Etat de définir des normes de consommations éthiques et de les imposer aux différentes parties prenantes en passant outre les lobbys ? Les campagnes « 5 fruits et légumes par jour », « manger, bouger »… sont-elles suffisantes ?

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-82044-poser-les-bases-de-lethique-alimentaire-consommer-juste-1000738.php?iPDsyrYZiJtZj6KJ.99

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