jeudi 23 octobre 2014

L’éthique de l’agroalimentaire face aux consommateurs


Dans cet article nous allons nous focaliser sur l’impact de l’industrie agroalimentaire sur le consommateur. Beaucoup de dérives sont constatées de la part des industries agroalimentaires qui ont pour conséquences d’impacter directement la santé du consommateur. Ceci concerne la sécurité des produits mais aussi les enjeux de nutrition du consommateur.

Pour commencer, nous pouvons nous demander si le fait de cacher certaines informations aux consommateurs est une pratique éthique ? Il y a un grand manque de transparence concernant la composition des produits, l’origine des aliments et leur mode de fabrication. Comme nous le montre l’article de l’Express, l’ONG FoodWatch met en relief plusieurs produits alimentaires qui ont des étiquettes et appellations fausses. Par exemple, chez Nestlé, la "soupe Maggi bœuf-carottes aux vermicelles" comporte malgré son nom, 0% de bœuf et "1,1% de jus de cuisson" avec "5,5% de carottes". Ce qui est alarmant c’est que ces pratiques sont conformes à la loi française. Le secteur agroalimentaire abuse des pratiques légales mais pas légitimes pour tromper le consommateur. Il y a donc une grande part de responsabilité de l’état que nous traiterons dans un prochain article.

 




Cependant, le manque de transparence ne concerne pas seulement de simples formulations abusives mais concerne aussi le potentiel danger des aliments pour le consommateur. L’industrie agroalimentaire commercialise des produits dangereux pour la santé du consommateur. Que ce soit lors de la culture des aliments, lors de leur transformation ou leur conditionnement plusieurs composants s’avèrent toxiques. Les substances chimiques résidus de pesticides, les colorants, les arômes, les conservateurs ou les antioxydants  agissent sur le développement du cancer, de l’obésité, du diabète et des maladies neurodégénératives. Il en est de même pour l’aspartame et l’huile de palme par exemple. Cette constatation pose un problème éthique dans la mesure où le consommateur ignore qu’il est en danger. Nous pouvons effectuer une comparaison avec le tabac. Chacun sait que le tabagisme est nocif pour la santé car les causes à effets sont connues de tous et marquées noir sur blanc sur le paquet. Les fumeurs savent donc ce qu’ils consomment et quels dangers ils encourent. Pour la nourriture, aucune étiquette ne mentionne que tel ou tel produit peut être mauvais pour le corps humain pour telle ou telle raison. Est-ce la responsabilité de l’industrie agroalimentaire de se soucier de la santé du consommateur ? Est-ce le rôle de l’état de mettre en garde le consommateur sur son alimentation ? Ou le consommateur est-il coupable aussi malgré son impuissance ?

ailleurs, est-ce éthique de la part des industries agroalimentaires de commercialiser en toute connaissance de cause des produits non adaptés aux besoins nutritionnels du client ? Une grande partie des aliments contient trop de sel, trop de sucre ou trop de graisse pour l’homme. Le but étant de nourrir un maximum de gens pour un minimum d’argent, les qualités nutritionnelles de nos aliments se sont considérablement appauvries. Est-ce éthiquement acceptable de faire passer la quantité avant la qualité afin de pouvoir nourrir tout le monde ? La surexploitation des denrées alimentaires pose problème notamment au niveau des méthodes utilisées pour maximiser la production. De nombreux engrais chimiques et autres substances sont utilisés pour booster la production et aussi minimiser les pertes. Il est évident que ces produits chimiques sont nocifs pour la santé. Mais il est vrai que cela permet aux populations démunies d’avoir accès à une grande variété de nourriture à prix abordable.

Pour finir, l’utilisation de certains produits chimiques et la composition de certains aliments auront des effets indésirables à long terme sur le consommateur. L’industrie agroalimentaire expérimente de nouveaux procédés et de nouvelles recettes pour toujours plus de profit sans se soucier de l’impact de ses pratiques sur la santé dans quelques dizaines d’années. Est-ce éthique de commercialiser des aliments dont on ne connaît pas les effets nocifs sur le corps humain à long terme ? Nous pouvons affirmer que le principe de précaution n’est pas appliqué et que l’industrie agroalimentaire ne maitrise pas toute la portée de ses pratiques.


Ci-dessous quelques lien sources et informations complémentaires :


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